Lundi, je t’ai dans la peau

Il était une fois, une jeune fille qui marche dans les rues de Montréal en observant la vie autour d’elle. Elle regarde à sa droite et voit des bouchons de circulation composés de grosses et de petites automobiles. Certaines sont de couleurs, mais la plupart sont grises et noires. Elles ressemblent à cet hiver qui ne fini pas de finir, elles sont fades. La fille au regard perçant regarde dans ces voitures et remarquent les figures crispées des conducteurs impatients de je ne sais trop quoi. L’un d’eux klaxonne, parce que bien sûr il y a un épais qui a décidé de se mettre en plein milieu de l’intersection pour bloquer tout le trafique. S’en suit un concert de klaxons et la jeune fille imagine Mozart en train d’essayer de trouver une mélodie dans ces bruits de ville et se dit que même un tel génie ne trouverait rien d’intéressant dans cette cacophonie.

En respirant tranquillement, on sent une odeur d’essence et de neige qui fond. Le vent souffle dans ses cheveux et la jeune fille se dit que certains matin ça ne sert absolument à rien de se peigner, puisque quelques secondes dehors et l’oeuvre d’art construite en quelques minutes en sautant du lit, est détruite. En regardant à gauche, les yeux de la fille s’attardent sur l’autobus qui vient de quitter l’arrêt et qui émet un vrombissement qui doit réveiller tout le voisinage. Il y a toujours un retardataire qui se met à courir après ce bus dans l’espoir qu’il s’arrête. S’il ne s’arrête pas, l’athlète se met à piquer un sprint au prochain arrêt. Il ne s’en rend peut-être pas compte, mais s’il fait ça chaque matin ça peut être très bon pour son coeur. Quand on regarde ces coureurs, on sourit, puisqu’on se dit qu’ils doivent être toujours en retard et que le chauffeur d’autobus doit se faire un malin plaisir à les regarder courir dans son rétroviseur. Toute cette course alors que quelques cinq minutes plus tard, il y a un autre autobus qui va passer.

Chaque lundi matin c’est toujours la même histoire. La jeune fille s’en fou, puisqu’elle écoute du Steve Wonder dans son ipod. Comme dirait sa soeur, y a rien de mieux que du Steve pour ensoleiller une journée. C’est drôle parce que le lundi matin, on dirait que les gens ont oublié ce que c’est que de se rendre au travail et ils se conduisent bizarrement. Arrivé dans le métro, chaque wagon est rempli et il y a toujours un twit qui veut lire son journal, alors qu’il y a une dame collée contre les portes et qui a de la difficulté à respirer. Chacun est dans sa bulle et tout le monde se regarde sans vraiment se regarder. Tout le monde a remarqué la personne qui se parle seule et l’autre qui sent pas bon. La jeune fille fonce dans la foule pour sortir à la bonne place et se rend à son travail. Elle marche rapidement, pas parce qu’elle est en retard, mais comme chaque matin elle se promet de partir plus tôt et finalement elle sort de chez elle à la dernière minute. Les yeux encore dans ses rêves de la nuit passée, elle arrive au travail et dit bonjour à tout le monde.

Bon lundi !

Une réponse vers “Lundi, je t’ai dans la peau”

  1. On dirait que depuis un certain temps mes lundis sont toujours les journées où les pires nouvelles me tombent dessus et il me faut toute la semaine pour m’en remettre tranquillement….. c’est triste hein !!!!!

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